Criminalité faunique en Afrique et partage d’expérience

Sydney, Australie, 15 novembre 2014 –  Les représentants des gouvernements Africains et les acteurs de la société civile partagent leurs expériences, sur ce phénomène (criminalité faunique) qui prend de plus en plus d’ampleur.

Les acteurs africains présents au Congrès Mondial des Parcs se sont retrouvés ce jour en salle de conférence de presse du Congrès, afin de partager leurs expériences sur la criminalité faunique.

Avec comme panélistes le Ministre Henri Djombo du Congo, le Directeur de la Faune et des Aires Protégées (DFAP) du Cameroun, Joseph Lekealem et le Directeur de l’Agence National des Parcs Nationaux du Gabon, Lee White, devant un parterre d’environ 30 médias et organisations de la société civile, venus du monde entier.

Prenant la parole, Joseph Lekealem (DFAP) a rappelé que le Bassin du Congo fort de ses 230 millions d’hectares, est la seconde forêt tropicale au monde en termes de surface après l’Amazonie. Sa superficie représente ainsi environ 6% de la surface forestière mondiale. Sa  richesse en espèces animales emblématiques, rares et ou menacées dont les éléphants et autres grands mammifères, est malheureusement sujette au braconnage, en dépit de nombreuses initiatives développées pour opérationnaliser la volonté politique ainsi  exprimée  à plusieurs niveaux.

Les récentes actions pour endiguer ce fléau ont porté notamment sur la mise en place d’un plan d’extrême urgence pour la lutte anti braconnage, PLEXULAB, opérationnel depuis janvier 2014 et sur la révision du plan de convergence de la Commission des Forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC).

Si ces deux actions, combinées à d’autres, semblent porter leurs fruits - depuis mars 2013 nous n’avons observé aucune intrusion de braconniers dans ces aires protégées - il est de mise de rester très prudent quant à la consolidation des acquis.

Pourtant nous retiendronsde l’expérience avec la Namibie que la gestion efficace des parcs a permis à ce pays de restaurer les populations de certaines de ses espèces emblématiques, passant ainsi de 7500 à 30 000 rhinocéros et de 20 à 130 lions, entre 1996 et 2014.

D’ailleurs, le Ministre Uahekua Herunga a rappelé lors de la session de « dialogue avec les leaders africains » qu’outre cet accroissement des espèces, ce secteur induit à lui seul 2000 emplois directs et 8000 emplois indirects avec des revenus d’environs 7 millions de dollars.

Evidemment, il y a lieu de rechercher les raisons de ce succès, qui semblent provenir de l’implication des communautés locales dans les programmes de gestion des aires protégées, ainsi que du développement de l’écotourisme.

Les solutions proposées pour la sous-région Afrique Centrale, qui n’a pas encore réussi à inverser cette tendance passent par : (i) l’évaluation et une connaissance plus accrue des ressources présentes dans ces aires protégées ; (ii) le renforcement des capacités des différents acteurs et à différents niveaux et l’amélioration des mécanismes de gestion transfrontalière des parcs.

C’est dans cette optique que le Ministre Henri Djombo a annoncé la tenue en avril 2015 d’une conférence internationale sur la lutte contre le commerce illégal de la faune et de la flore sauvages, à Brazzaville, au Congo.

Cette conférence est le fruit d’un long plaidoyer au niveau mondial et aura pour objectif de doter la région d’une stratégie régionale de lutte contre ce commerce, avec une planification d’activités aussi bien de niveau local, national, sous-régional que régional. Il a d’ailleurs conclu en déclarant, «mettre fin à la criminalité faunique et au commerce illicite de l’ivoire nécessite bien plus que des traités mais des mesures concrètes. Nous sommes à Sydney pour présenter les nouvelles perspectives développées par le Bassin du Congo en vue de concilier les exigences de la conservation avec les impératifs de développement socio- économique. Notre souci est de voir se tisser des partenariats féconds en faveur de la sauvegarde des espèces emblématiques et pour que la conservation puisse contribuer au bien être des populations locales. Le temps des plaintes est révolu, nous devons passer à l’action ».

Rappelons que le commerce illégal de l’ivoire, par exemple, s’organise autour d’un circuit triangulaire constitué des pays d’origine (Afrique Centrale, Afrique de l’Est), des pays de transit (Europe) et des pays de destination (Asie). Toute stratégie visant à mettre un terme à ce fléau mondial, pour être efficace et durable, doit contribuer à couper les bases de ravitaillement situées dans les pays de production.

 

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